lundi 28 mars 2011

Statistiques


J'adore les périodes électorales. Ben oui quoi, c'est marrant de voir tout le monde s'écharper, tout le monde tirer à boulet rouge, sans savoir exactement où ("Oups, c'était mon pied là", C. Guéant). Et le plus drôle dans le tout, quand on a fait un peu de stats, c'est d'entendre tout ce qu'ils en disent, tout ce qu'ils en concluent. Enfin, drôle... Moi ça me fait bondir et pester, mais vu que je suis un grand cynique (ouais, 190 cm, c'est grand), ça me fait rire. Mais pourquoi donc ?

Alors ils ont commencé à s'amuser pendant la campagne. Je crois que la première à tirer, ça a été Valérie Pécresse avec son "30%+58%=88%". Le Petit Journal a débriefé, mais j'ai vraiment trouvé que c'était mal fait. Inviter un professeur de mathématiques pour expliquer, et ensuite dire "si t'as pas compris, t'es con", c'est au mieux ridicule, au pire contre-productif. En fait, elle disait que le département (de gauche) avait augmenté ses impôts de 30% et la région (de gauche) de 58%. Donc de 88% ! Rendez-vous compte ! En fait, si on prend les deux impôts en base 100, on payait le départemental 100€ et maintenant 130€, et le régional était de 100€ et passe à 158€. Donc en tout on passe de 200€ à 288€. Ce qui fait une multiplication par 1,44. Donc une augmentation de 44%. Bon, on a compris.

Puis après, il y a des transfuges de l'institut BVA qui ont sorti des sondages (Harris pour ne pas les nommer). Alors je ne sais plus si je l'ai déjà dit, mais avant de lire les résultats d'un sondage, les deux choses les plus importantes, c'est de lire la question posée, et regarder l'institut et la correction. En théorie des sondages (il y a une littérature pas possible là dessus, je vous invite à y jeter un coup d’œil), on nous dit que la principale tâche d'un sondeur, c'est de créer une question suivant l'information que nous souhaitons obtenir. La même "question" de base peut donner des résultats différents selon la question du sondeurs (l'exemple récent, c'était "Êtes-vous favorable à la poursuite en justice d'individus ayant volé un bien via un outil technologique ?" pour un institut contre "Comprenez-vous que la libre utilisation d'Internet puisse avoir des répercussions pénales" pour un autre, la question de base étant "Pour ou contre HADOPI ?"). Donc lisez la question. Ensuite on nous dit que les résultats sont forcément biaisés. Des répondants peuvent être mal (ou bien) lunés ce jour-là, ils peuvent répondre au hasard, ou encore mieux s'amuser à être absurde, etc... Je ne vous révèle pas lesquels, mais les instituts ont des méthodes pour détecter les réponses aberrantes, on enlève donc un biais. L'exemple parfait est le vote Front National.  En effet, vous tomberez en sondant sur des gens ayant "honte" de dire qu'ils votent FN pour la bonne raison que la bien bien-pensance nous dit de tous les côtés que c'est mal (et je ne ferais aucun jugement sur ce dernier point même si vous devez vous douter de mon avis). Et d'autres répondront dans l'instinct de l'instant, parce qu'ils sont énervés de tout ces gros cons de politicards, ou parce que le chien des voisins aboie trop fort, etc... D'autres enfin, ont un raisonnement cynique et vous diront qu'ils voteront FN alors qu'en fait c'était juste un raisonnement instantané (vous trouverez tout un tas d'autres raisons dans la littérature sus-évoquée). Et non, ces types de réponses ne se compensent pas, ce serait trop beau. Et ça marche pour toute une flopée de questions. Donc il faut corriger. Et là, pour l'avoir vu je vous prie de me croire sur parole, et si vous ne me croyez pas cherchez un peu vous vous rendrez compte que c'est vrai, vous tombez sur le secret le mieux gardé de chaque institut : la méthode de correction. Le biais estimé. Le jour où quelqu'un trouvera une manière empirique de calculer ce biais, il est milliardaire avant de s'en rendre compte. Donc le sondage Harris qui nous montrait le FN à 25% ou un truc du genre, il est un peu bidon. Tout d'abord parce que c'est un sondage internet, donc on vise une population qui est majoritairement dépolitisée et/ou abstentionniste, et qu'on se prive de tout une population qui n'y a pas accès (et il y en a, pour le moment, près de 30% en France, ce qui, avouons-le, est largement significatif). Alors on pourrait se dire "Ah mais voilà à quoi sert la correction !". Ouais ben nan. Enfin si. Cela devrait servir dans ce cas. Manque de bol, cet institut, "puriste" comme il se nomme, n'applique aucune correction. Ai-je besoin d'aller plus loin ? Bidon. A noter aussi que ce n'est pas parce que la méthode est bidon que le résultat l'est, mais que l'interpréter, c'est prendre un risque non négligeable de dire des conneries.

Ensuite on a notre nouveau ministre de l'Intérieur qui a fait des siennes. 69% des français approuveraient une "intervention" en Lybie ? Chouette, allons-y ! Partons en croisade ! Ah merde, c'est pas moi qui décide. Comment ça c'est pas une croisade ? Pas grave, ils sont musulmans, c'est pareil ! Comment ça près du tiers de notre commerce extérieur se fait vers des pays musulmans ? Rho, ils font chier, si on peut même plus faire du populisme en paix avant des élections...
No comments.

Le clou, ça a été hier soir lors de la soirée électorale. D'abord, je me suis presque étouffé de rire quand la présentatrice de I-Télé (et je ne la blâme pas elle, ils l'ont tous fait, je blâme plutôt les deux statistichiens à côté d'elle qui lui ont pas dit la connerie) nous a présenté des résultats nationaux. Hahaha ! 36% PS, 20% UMP, 11% FN ! La gauche a gagné, la droite s'est reprise et l'extrême a baissé ! Euh... Non. D'abord, aucun de ces trois partis n'étaient présents partout. Donc 36% pour le PS, c'est la part de français ayant voté PS. Pas la part des français ayant voté PS dans les cantons où il était présent. Ainsi, on est plus proche de 55% pour le PS, sûrement 45% pour l'UMP et pas loin de 35% pour le FN. A pas mal de choses près, c'est un calcul à la grande louche fait par moi à l'instant (ça dépasse les 100% ? normal, on n'est pas en population totale ni sur des résultats comparables). Enfin, ce matin, ils ont semblé s'être repris : ces résultats nationaux ne peuvent, à l'extrême limite, servir qu'à faire des comparaisons avec l'élection de 2004. Et encore, je vous dis à la limite puisque la précédente élection ayant été couplée avec les régionales, ça introduisait un biais énorme (pour vous donner une idée, imaginons que pour les cantonales vous ayez le choix entre PS et FN et que vous voteriez normalement UMP, sans conviction, et pour les régionales PS et UMP. Si vous votez PS pour le premier, il y a de grandes chances que vous votiez aussi PS pour les régionales car vous vous direz que après tout, si on m'a appelé à voté PS, autant le faire pour tout ! ps : c'est le biais qui a été introduit en couplant présidentielle et législative en 2002 et qui fait donc que le vainqueur de la présidentielle, à moins de grosse bévue, se retrouve avec une Assemblée toute acquise à sa cause). Donc ça, c'était marrant. Mais je vous ai parlé d'un clou, le voilà !

C'est le Secrétaire Général de l'UMP qui l'a enfoncé avec une masse, un maillet, une hache de guerre ! Les reports de voix. C'est une chose à prendre avec d'infinies pincettes. Dire qu'il y a une forte proportion de sympathisant PS qui ont préféré voter FN que UMP en cas de duels entre ces deux derniers, d'accord. Enfin "forte" c'est déjà subjectif, mais je n'en attendais pas moins d'un responsable (hum hum) politique. Mais ensuite les blâmer en disant "Ouh les pas beaux, les méchants !", faut pas pousser Hortense dans les pétunias ! De une, c'est anti-démocratique. Comme les responsable de l'UMP l'ont rappelé durant une bonne semaine (tout en sachant très bien qu'ils s'en privent quand ça les arrange), un parti n'est pas propriétaire de ses votants, et je les en félicite, j'ai toujours trouvé idiot de faire des additions. Donc on peut appeler à voter machin ou truc, mais on ne peut pas obliger les gens à écouter. De deux, j'aimerais bien qu'il me montre ses sources, j'adore regarder ce genre de résultat (sans cynisme). De trois, l'interprétation des reports est impossible statistiquement, on ne peut jamais savoir si c'est une protestation (regardez les reports de la LCR vers le FN en 2002 par exemple), par crainte (personnellement, je connaissais les deux candidats UMP et FN d'un canton à côté de chez moi, le premier est un admirateur du Reich qui m'a refoulé en soirée parce que j'avais 'une gueule trop arabe' (premièrement c'est scandaleux de dire ça, deuxièmement, je crois qu'il est bigleux), le deuxième est un type que je croise à la fac tous les jours, qui n'a rien de raciste, mais qui défend un protectionnisme ardent. Bien que ne partageant pas les idées du dernier (suis un libéral keynésien moi !), si j'avais été obligé de choisir, par crainte, je n'aurais pas pris le premier), ou bien par adhésion. Pour le savoir, il faut ensuite sonder ces gens là, ce qui n'est pas évident du tout. Imaginons un sondage sur un panel de 1000 personnes, il doit y en avoir à peu près 600 qui se sont abstenus, donc à peu près 100 votants PS, en imaginant à la grande limite que 25% d'entre eux se soient reportés sur le FN ça nous laisse 25 personnes, donc il va falloir s'interroger sur ceux là. Je vous ai déjà dit qu'il y avait de gros biais à prendre en compte donc on ne détectera vraisemblablement qu'une dizaine d'entre eux. Tirer des conclusions nationales à partir d'un échantillon de 10, v'là le biais ! Donc on ne commente pas. Moi-même, j'aurais à choisir (et je croise les doigts que ça n'arrive pas) entre Nicolass et Marine, je préférerais m'exiler. Sans blagues.

samedi 1 janvier 2011

Happy birthday !

Screugneu de screugneu ! Je ne sais plus quoi écrire !

Et pourtant, c'est qu'il s'en passe des choses, dans ma petite vie, dans le monde, dans ma petite tête schizophrénique aussi... Mais non, je n'y arrive pas. Alors je m'interroge, je me tâte : quel est donc cet obstacle que je n'arrive plus à franchir ? Bon, ok, ça n'a jamais été de la grande littérature, et ça n'a jamais été très cadré. Mais quand même, cela me manque. A qui ? Ah oui, c'est vrai, qui écrit ? J'ai toujours dit que c'était Paolo. Mais Romain ? Il n'a rien à dire. Quoique...

Paolo n'écrit que lorsqu'il est heureux. Romain que lorsqu'il est déprimé. Ou indigné. Tiens, il y a un bouquin qui s'est arraché à Noël (il paraît) qui s'appelle "Indignez-vous !" (oui je sais, on ne met pas de guillement à un titre, mais j'ai la flemme de présenter dans les formes). Quelqu'un l'a-t-il lu ? Boarf, je ne parle sans doute qu'à moi même, je te répondrais donc "non". Ah. Merci docteur. Bref, les sujets d'indignation, j'en ai une tonne, une palette, et on n'en est plus à une louche de vache près. 

Publier ça ? C'est même pas terminer Paolo ! Oui mais ça tient au corps, ça m'encourage. Et surtout, c'est comme le vélo : on augmente petit à petit les distances. Et de ce que je sais, tu sais tenir la longueur (ahah) mon p'tit Romain. Bah ouais, si il y a des amateurs éventuels, j'ai un roman que personne n'a jamais lu qui traîne sur un ordi pas loin. 

Ah oui, je n'effacerais rien de ce que tu écris. A partir de maintenant, j'assume entièrement et tant pis pour le reste. De toute manière... A très vite !


PS : Romain me demande de l'excusez de publier un article sans queue ni tête, sans photo, sans relecture, mais il avait juste besoin d'écrire un peu.

PPS : Joyeuse année !

lundi 4 janvier 2010

Films 2009

Avec Amaury, nous avons fait une légère rétrospective de l'année cinéma. J'écris ici pour me rappeler les 40 films qui me paraissent dignes d'intérêt de cette année et en ferais un rapide résumé plus tard ! (liste non-exhaustive, il y a des oublis, et aussi des trucs que je n'ai pas jugé utile^^)

Janvier : Il Divo, Che, Frozen River, Slumdog Millionaire
Février : L'Etrange Histoire de Benjamin Button, The Wrestler, Gran Torino
Mars : Harvey Milk, Séraphine, Welcome, La Journée de la Jupe
Avril : Ponyo, Ne me libérez pas je m'en charge, OSS117, Dans la Brume Electrique, Le Sens de la Vie pour 9.99$
Mai : Good Morning England, Etreintes brisées, looKing for Eric
Juin : Departures, Amerrika
Juillet : Whatever Works, Là-Haut
Aout : Inglorious Bastared, Un Prophète
Septembre : Tu n'aimeras point, Fish Tank, La Vida Loca, Mary&Max, Thirst, 500 Jours Ensemble
Octobre : Le Luban Blanc
Novembre : Les Herbes Folles, L'Imaginarium du Dr Parnassus, Le Vilain, Vincere
Décembre : la route, Max et les Maximonstres, Tetro et Les Chats Persans

jeudi 17 décembre 2009

Lyre (Introduction)

Une pause dans mes idées, les rafraîchir. Il y a maintenant un commencement après le néant. Mais que fut le passé, et quel est le néant ? Peut-on revenir de tout ? Tout fut détruit, qu'est-ce que tout, qui est tout ? Les envies deviennent claires et l'envie de vivre devient la plus belle des aventures et le plus beau des sentiments ; des jours sans bouger, des jours sans idées : et si après ce temps, le cœur se refermait, et si, et si... On peut trouver des cycles dans toute histoire. La mienne vit de ses quartiers au complet, ses cinq quarts désordonnés.

Un été indien marqua ce début d'automne. Ce redoux fut bien plus qu'une simple parenthèse et réchauffa de telle manière la suite du temps que nous n'avons pas senti l'hiver et le printemps nous berça. Une tendre découverte sous une neige enchanteresse, sous un flot arc-en-ciel - « sous », là était peut-être le problème. Mais petit à petit, l'or pointait à l'horizon, et un soleil créa l'été de nos envies, si ce n'est l'envie tout court. Un été à la hauteur d'un sorcier... Mais justement, sorcier et méditatif, nos aventures nous ont conduit sur un chemin magique qui replongea les feuilles dans les rivières après les avoir décrochés de nos arbres chéris. Peu importait le temps, nous préférions regarder cette pluie d'or et de rouille tout au long de nos chemins plutôt que de sentir le vent qui gelait petit à petit nos pauvres cœurs rabougris. Avaient-ils toujours été d'aussi petites tailles ? Quelle question ! Il était si évident que nous les avions fait exploser jusqu'à les écarteler dans notre poitrine, jusqu'à ce qu'ils transpercent nos ardeurs et détruisent finalement les rares éclaircies d'un long hiver qui n'a cessé de ne plus vouloir s'achever.

mercredi 16 décembre 2009

Dépêche

Je suis sidéré... C'est par
Pas sidéré par la conclusion. Sidéré par tout le foin, toutes les conséquences. Tout ça pour ça. Et j'ai envie de définitivement dire : honte. Entre la décision qui est maintenant encore plus incompréhensible, et d'autres affaires, j'ai honte d'avoir voté un jour pour ces gens. Mister, si tu te présentes, tu as ma voix...

dimanche 6 décembre 2009

Paolo's Back !


Deux semaines et chambardement général ! Le voyageur asymptotique s'est perdu en chemin, mais pas sûr que quelqu'un puisse encore l'oublier. Le bonheur s'inscrit dans les yeux : les mieux sont striés !

Je me trimballais il y a quelques temps dans les rues de la ville. Il y avait des musiciens en train de se congeler les doigts pour essayer de plaire aux passants. Ou de congeler les passants pour essayer de plaire à leurs doigts, c'est selon. N'empêche qu'ils jouaient une de mes chansons préférées : Plug In Baby. Si vous connaissez la chanson, c'est un riff comme on n'en fait plus qui en fait toute la beauté (et la puissance du chanteur comme d'hab). Mais si je vous disais que les musiciens en questions étaient un trompettiste, un accordéoniste et un tambour ? Eh ben... J'ai fui.

Oui, c'est inintéressant hein ? Bon... Sinon, dans les mêmes rues, j'ai croisé un homme que je n'avais pas revu depuis des années. C'est un type qui a une philosophie toute particulière : on verra. Alors ce n'est ni du fatalisme ni de la fainéantise (et pourtant, j'en suis apôtre). C''est une manière de voir les choses : on apprécie toujours plus les choses dans l'urgence. Je lui demande comment il allait, il me répond qu'il va au tribunal pour divorcer. Ah. La gaffe... Et me propose de l'accompagner... Devant mon refus poli (vous comprenez, je dois aller bosser), il me montre un sac de sport dans son dos et me l'ouvre. A l'intérieur, une trompette. La curiosité prend le pas sur le soi-disant boulot, et je l'accompagne. Je me demande ce qu'il veut faire, tout en sachant que j'entrerais effectivement dans ce qui ressemble plus à une administration qu'un tribunal, mais pas dans le bureau du juge. Puis, nous recroisons les musiciens, qui nous disent bonjour et rangent leurs instruments. Hum...

Vous raconterais-je la suite ? Rien n'est moins sûr... Aller, je vous l'avoue, pour une raison très simple : en fait, il me faisait marcher, il ne divorçait pas. Il allait jouer avec les musiciens précédents. Qui était-il ? Je ne me rappelle plus de leur nom, mais c'est un groupe connu qui joue dans la rue de temps à autre, toujours à éprouver leur musique.

Enfin bref, tout ça pour vous dire : quand vous entendez de la musique dans la rue, que vous aimez, arrêtez-vous, donnez si vous voulez. Ils ne sont pas forcèment là pour la manche, mais peut-être juste pour le plaisir de voir des gens enchantés...

mercredi 25 novembre 2009

Il faut toujours viser la tête

La loi du plus fort est toujours la meilleure, nous l'allons montrer tout à l'heure. Préambule : article énervé


Tout d'abord, non, ce n'est pas du Mickey 3D. Je vous remets cette phrase dans le contexte : "Abattez-les à vue. Si un criminel passe devant votre champs de tir, tirez pour tuer : il faut toujours viser la tête.". Et comme vous l'aurez compris, cet article parlera... de football !
Je vous le donne en mille, qui a fait cette magnifique déclaration ? Le ministre de la sureté délégué à la police de l'Afrique du Sud. A qui s'est-il adressé ? Au congrès des (du seul en fait) syndicats de police. Pourquoi ? Vous n'êtes pas sans ignorer (ou alors vous n'avez ni la télé, ni la radio, vous ne lisez pas les journaux, n'allez jamais au bar du coin, et n'allez pas sur internet) que en juin 2010 se déroulera la première Coupe du Monde de football sur le continent africain. Et plus précisément, en Afrique du Sud.
On ne reviendra pas sur l'état de cet État, sur son passé, et gnagnagni... Mais juste sur ce que cette Coupe a apporté depuis que le pays l'a obtenu : le "déplacement" des tribus qui vivaient à l'emplacement des futurs stades, les descente de police (et les violences qui vont avec) à peu près quotidienne (à peu près car c'est plus fréquent que ça) dans les quartiers pauvres, la constitution de "brigades" volontaires afin d'expulser et exproprier les gens qui habitait sur les lieux de ces mêmes stades, ... Et la dernière salve a été tirée il y a un mois. Elle est venue tout droit d'Angleterre (mais les anglais ne sont pas à blâmer, cela aurait pu être n'importe où et cela n'aurait pas été blâmant non plus). Un sondage auprès de supporters de l'équipe nationale montre que 85% d'entre eux n'ont pas très envie d'aller soutenir leur équipe en Afrique du Sud. Pourquoi ? Pour 65% de ces 85% (vous me suivez ?), ce serait à cause de la criminalité et de la violence trop élevée dans le pays (moins de 20% à cause de l'argent, comme quoi la crise est finie \o/ ). Qu'a donc décidé le gouvernement Sudaf ? Enrayer au plus vite l'insécurité et la criminalité. Intention louable, certes. Mais comme le sait notre très cher petit brun, quand on veut aller vite, on bâcle. Et donc, la priorité a été mise sur l'élimination des criminels. Qui sont les criminels ? "Toute personne suspectée de vol, ou tout autre crime, est un criminel en puissance. Si cela est nécessaire, abattez-le." Remarquons tout de même le "si cela est nécessaire". Comme quoi, tuer quelqu'un peut être nécessaire...

Tant qu'on est sur le football, prolongeons le débat sur la faute technique qui a permis à l'équipe de France de se qualifier. C'est quoi tout ce cirque ? Et ce pauvre arbitre, quelqu'un y a pensé ? Où se trouve sa carrière maintenant ? Rappelons-nous de Howard Webb. Ce policier était occasionnellement arbitre, et un très bon, niveau international. A tel point qu'il fut appelé à être arbitre lors de la Coupe d'Europe des Nations (EURO pour les intimes) 2008. Il eut à arbitrer le match Autriche-Pologne, lors duquel il a accordé un but polonais hors-jeu, et surtout, un ultime pénalty injustifié qui fit égaliser l'Autriche. OUI MAIS ce que nous savons aussi c'est que l'arbitre décide en son âme et conscience, seul, sans aide vidéo, de sanctionner ou non. Et il n'y a pas plus mauvais point de vu (en général, la Coupe du Monde 1998 et la Suède ont prouvé le contraire) que celui du terrain. De plus, la vindicte populaire a largement surpassé l'enjeu, le Premier Ministre Polonais, ayant déclaré qu'il eut envie de 'tuer' l'arbitre, a légitimé les menaces de mort contre lui. Cela, c'était pour défendre l'arbitre. En plus, le football, et cette qualification, ce n'est pas si anodin dans nos pays, Irlande et France. Nous (en général aussi) en sommes accro (pas autant que les irlandais mais quand même). Ce qui implique autre chose : beaucoup d'argent entre en jeu. Les voyagistes, les télévisions, les journaux, ... Il y a énormément d'argent de consommation à pourvoir. Et par conséquent, une relance par la consommation automatique. Lors de la CdM 2006, la consommation en France a fait un bon entre les mois de mai et juillet de +8% (à comparer avec les +1,8% annuels normaux à cette période). Ce qui représente quelques milliards directement sortis de l'épargne afin de favoriser la consommation, et par delà l'investissement, ... Pas pour rien que les années où l'UE arrive à niveau des États-Unis sur la consommation, ce sont les années de CdM. On va être cynique : c'est un coup de pouce formidable à l'économie cette qualification. Mais c'est là que l'on rentre dans l'effet pervers : si c'est bien pour nous, c'est mauvais pour eux. En fait, ce que je veux dire, c'est que les enjeux économiques, politiques, et sociaux de ce stupide sport qui ne rivalise même pas avec le boyau d'une roue de vélo ont largement, et depuis longtemps, dépassé le cadre du sport. S'excuser ? Mouaif, pourquoi pas. Rejouer ? Eh, oh, z'êtes pas fou ? La conclusion, c'est que nous sommes rentrer dans un jeu de gladiateur : soit je meurs, soit tu meurs. Et pas d'un point de vu sportif, d'un point de vu économique. Et l'Irlande, qui se remettait tout doucement de sa crise, a de fort risque de rechuter.

Conclusion général : la loi du plus fort est toujours la meilleure.

Pas de photo pour cet article, trop pathétique.